[Présentation]


Les Chaouis ou Chawis (Icawiyen) sont un peuple berbère d'Algérie.

Ces Berbères habitent principalement la région des Aurès, ainsi que les régions attenantes : les monts et les plaines de Belezma, la région des Chotts et les hautes plaines constantinoises, soit une grande partie de l'est algérien.

Les principales villes chaouies sont : Batna, Khenchela, Oum-El-Bouaghi, Ain Beida, Arris, Tebessa, Souk Ahras, Merouana, Chaabat ouled chelih, Constantine.

Le regroupement tribal a été facilité, car ses individus présentent un ensemble de caractères physiques, artistiques, linguistiques, communs. Cette ethnie occupe toute la région plate et montagneuse au nord-ouest de la ville de Batna, au sud est de la ville de Sétif et au nord est de la ville de Msila .

C'est dans ces poches montagnardes que subsistent encore les dernières originalités culturelles et linguistiques chaouies. Du point de vue nombre, nul ne peut donner un chiffre exact d'évaluation de ce premier ensemble(5 500 000 hab environ ), tant les éléments de ce groupe social sont mobiles. On les retrouve à Batna, Merouana , Seriana, Ouled El Ma (Ighzer n'waman), Ngaous, Chaaba etc.....

# Posté le samedi 17 mars 2007 06:14

Modifié le vendredi 08 août 2008 04:58

[Histoire Des Chaouis]

Préhistoire

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L'Aurès, habité dès la nuit des temps et, à partir du néolithique, par une population de type capsien (du nom de Gafsa, là où ce type physique fut localisé pour la première fois; comme on dit de l'Atérien ou Levalloisien, etc.).

L'Aurès recèle des restes humains de type capsien du djebel Fortass (nord d'Aïn M'lila) au djebel Refaa (monts du Belezma), mais également dans différents endroits reconnaissables aux amas, des sortes de collines faites de coquillages, notamment d'escargots, que l'on appelle en arabe " ramadhiates " (cendrières) et escargotières en français. Ces habitations préhistoriques se trouvent en grandes quantités en dur dans les plaines, lacustres dans les régions des lacs et troglodytes dans les grottes et falaises (d'où le mot : Afri - Ifri- Ifren, qui a donné Africa. Nom qui sera donné par les Romains au nord tunisien puis étendu ensuite à tout le continent).

Le type capsien, qui s'étendra d'Est en Ouest à travers toute l'Afrique du nord, en suivant les hautes plaines et l'Atlas saharien, est reconnaissable à ses traits fins, sa haute stature, à son crâne dolychocéphale (visage et tête allongés). Il sera souvent distingué par les anthropologues de son compatriote l'Ibéro-maurusien, lui, qui aurait de tout temps habité grosso modo l'Atlas Tellien et reconnaissable à certains traits physiques : brachycéphale, c'est-à-dire face large ou ronde, taille moyenne ou petite, costaud, râblais.

Dans les vastes et riches plaines du Nord, de N'gaous (Nicivus) à Baghaï, l'Aurès fut le berceau de la célèbre dynastie des Massyles. Comme il fut la région qui constituera le noyau de la future Numidie. Enfin, celui qui donnera naissance au grand Agellid Massinissa.
Et pour témoigner de leur origine et marquer leur attachement à cette région, les Massyles élèveront un tombeau royal au IIIè siècle avant notre ère. C'est le fameux Imedghassen, entre Aïn Yagout et El Madher au nord de Batna. Monument qui sera le génie propre de la population locale. Comme ils élèveront un monument à Massinissa à El Khroub. Il est à noter que ce même genre de construction (Imedghassen) se trouvera renouvelé au IIè siècle avant notre ère à Tipasa. Rappelons que ce type de sépulture persistera bien au-delà, jusqu'au VIe siècle de notre ère, avec les Djeddars des environs de Tiaret ou le mausolée de Tin Hinan découvert dans le Hoggar au XIXè s...

Romains -146 / 435
Tel que défini l'Aurès restera indépendant jusqu'au 2è siècle ap. J.C. Il ne subira l'influence phénicienne qu'au travers de quelques apports religieux et économiques, transmis par l'élite autochtone. Rappelons que le mot " chaoui " n'existait pas encore. Ce sont les Arabes qui, à la vue d'immense troupeaux de moutons et à la transhumance de certaines tribus, leur donneront ce nom à partir du XIè siècle. Mais, pour une plus simple commodité, nous emploierons ce mot chaoui malgré sa connotation péjorative.

Bien sûr, les Chaouis (donc!) aideront non seulement Massinissa à chasser les Phéniciens et à constituer un empire amazigh de Tripoli à la Moulouya. Mais également Yughurthen qui y trouvera refuge et renfort lorsqu'il se soulèvera contre la trop forte présence romaine (-112 / -105). De même qu'ils se rebelleront en l'an 6 contre Juba II (roi amazigh jugé trop inféodé aux Romains), comme ils appuieront la révolte des Musulames menée par Tacfarinas (+17 / +24) contre l'empereur Tibère...

En somme, les Chaouis quand ce n'est pas pour eux-mêmes, c'est par alliance ou par patriotisme qu'ils sont constamment amenés à lutter pour l'indépendance du pays.

Aussi, pour les contenir et les empêcher d'envahir les grandes cités du Nord, l'empereur Trajan, décide de les ceinturer dans leurs montagnes. Dès l'année 100 ap. J.C., la IIIè légion Augusta, parti de Theveste (Tebessa), conquière Bagai (Baghaï), Mascula (Khenchela) et se base une première fois à Thamugadi (Timgad) et quelques années plus tard à Lambæsis (Tazult). Cette ceinturation se poursuivra au IIè siècle, avec une autre légion romaine, la VIè Ferrata, qui traversera l'Aurès du Nord au Sud, notamment par la construction de la route de Thighanimine et la construction du pont d'El Kantara.

Enfin une autre ligne de fortifications partira toujours de Theveste plongera vers le Sud pour aboutir à Taberdga, Ad-Badias (Badis) Ad-Majores (Henchir Besseriani) et Vescera (Biskra). Ces places-fortes, ces postes avancés et autres remparts, constitueront le limes romain qui enserra les Aurès au Nord et au Sud et deviendra une sorte de " frontière " qui va d'est en ouest pour se perdre en Oranie.

Cette " pax romana " durera environ trois siècles au cours desquels l'Aurès ne fut ni totalement dominé ni outrageusement exploité comme certains ont voulu nous en persuader. Au contraire, il semblerait que non seulement les Chaouis aient gardé une certaine autonomie et que d'autres part, en participant comme troupes auxiliaires menés par leurs chefs ou comme légionnaires, ils aient maintenues ou participés à l'embellissement des villes existantes ou à celles qu'ils avaient créées, et que, de la sorte, ils aient contribué à la sédentarisation des populations semi-nomades de la région et par là-même à la propagation d'une certaine latinisation de l'élite locale. Rappelons pour mémoire que Timgad à son apogée compta une bibliothèque abritant dix milles volumes...

Insurrections, révoltes
Mais cette paix, sommes toutes relative, cette apparente prospérité n'empêche pas les Chaouis de participer à des révoltes s'ils ne les suscitent pas eux-mêmes comme on l'a dit plus haut.

C'est ainsi que :

17 / 24, Tacfarinas, chef des nomades Musulames (amazighs de Souk Ahras - Tebessa et Tunisie), se soulève contre l'empiétement de son territoire par l'empire romain. Tacfarinas, enverra une lettre de défi et de protestation, message resté célèbre et qui provoquera une grande colère chez l'empereur Tibère. Mais sans l'aide des Chaouis et de leurs cousins les Gétules, nomades sahariens au sud de l'Aurès, Tacfarinas n'aurait jamais pu résister sept années durant contre les armées romaines.
144 et 152, un soulèvement généralisé et sporadique touche toute l'Afrique du Nord, et n'épargnera pas l'Aurès, qui en paiera un lourd tribut. Car pour la première fois les troupes romaines pénétrèrent dans l'Aurès et y établissent des postes. Ce qui permit par la suite à la légion VIè Ferrata d'y construire de voies de communication nord-sud.
253, l'insurrection de Faraxen qui, à la tête des cinq tribus (les Quinquegentiani et les Babares, originaires des Aurès, du sud et du Hodna) qui, une fois vaincues et Faraxen tué en 260, vont se réfugier aux Mons Ferratus (Djurdjura et donneront leur nom aux Babors actuels).
270, révolte d'Aradion qui sera vaincu par Probus (lequel deviendra empereur de 276 à 282).
289, une autre insurrection, autrement plus importante que la précédente, et qui n'en serait que le prolongement, durera huit ans et touchera la Kabylie, le Sahel et jusqu'au Hodna chaoui.
313, Après de nombreux soulèvements, la Numidie qui était coupée en deux : la Numidie civile avec Cirta pour capitale au Nord et la Numidie militaire au Sud dont la capitale était Lambæsis (Tazult), furent réunifiées en une seule province ayant pour capitale Cirta qui reçut le nom de Constantine en l'honneur de l'empereur Constantin.
371, Firmus, chef amazigh donatiste, se rebelle et s'empare de Cherchell, d'Alger mais échoue devant Tipasa. Après une paix éphémère signée en 373 avec Théodose, les hostilités reprennent mais trahis par les siens, y compris par son frère Gildon, Firmus préféra se donner la mort en 375 plutôt que de se rendre.
393, Gildon, ce frère de Firmus et allié de Théodose, comme on vient de le voir, nommé comte d'Afrique en 386, son autorité s'étendait de la Libye au Maroc actuel, entre à son tour en dissidence. Dès 395, à la mort de Théodose, il cessa de collaborer avec le pouvoir central et, à partir de 396, il refusa d'envoyer l'annone (impôts en numéraire et surtout en biens : huile, céréales, etc.) vers Rome, menaçant ainsi de famine l'Italie. Si Gildon put mener longtemps sa résistance, c'est grâce à l'aide d'Optat de Timgad, évêque donatiste, qui fut son conseiller en même temps que l'âme de la résistance amazigh.
Arrêté, Optat de Timgad (à ne pas confondre avec l'autre Optat de Milev qui était acquis à l'Eglise de Rome) mourut en prison ; il fut honoré comme un martyr.



Donatisme 311 / 420
Jusque-là nous avons cité le mouvement religieux donatiste sans en donner d'explications. Le mouvement donatiste est un mouvement religieux, schismatique au sein de l'église chrétienne d'Afrique du Nord. En effet, certains évêques nord-africains, mécontents de la présence romaine, déçus de la corruption et de la collusion de l'Eglise officielle avec l'Empire, entrèrent donc en dissidence. Le fondateur de ce mouvement fut Donat, évêque de Baghaï (dont il était originaire), d'où le nom de donatisme donné à ce mouvement.

En même temps que le mécontentement d'une église autochtone, populaire et nationaliste, se développait un autre mécontentement social cette fois-ci, qui débouchera sur une jacquerie paysanne. En effet, à partir du IVè siècle, des paysans exploités et sans terre se révoltèrent et se mirent à envahir les riches domaines des Romains ou des Imazighen romanisés. Ce mouvement appelé la révolte des Circoncellions (c'est-à-dire " ceux qui rôdent autour des cellier " ) connut une vive répression entre 346 et 348. C'est ainsi que cette révolution paysanne va trouver un allié de poids dans le mouvement donatiste. Les donatistes, à l'instar des paysans, se rebellent contre l'autorité impériale et papale. Menés par Donat dès 311/14, les donatistes exigeaient une séparation de l'Eglise d'avec l'Empereur d'une part et l'autonomie de l'Eglise nord-africaine par rapport à l'Eglise de Rome d'autre part.

Vêtu d'une simple robe de laine, menant une vie pauvre et sobre, Donat, né à Baghaï comme on l'a dit, mena un rude combat contre l'Eglise romaine qu'il accusait de tous les maux. Quarante ans durant et jusqu'à sa mort en 355, il parcourra la Numidie et l'Aurès en particulier pour prêcher, former, organiser à la fois la résistance à la domination romaine mais également à la constitution d'une église authentiquement africaine.

Aidés par les Circoncellions, les donatistes combattent Optat, évêque conservateur de Milev (Mila, 315/386). Ils mettront à sac Baghaï qui, dès lors, sera la citadelle des donatistes et de tous les nationalistes insurgés. Le 12 février 405, le donatisme est assimilé à une hérésie et mis hors-la-loi, grâce à l'appui sans réserve de Saint Augustin, évêque d'Hippone 364/430 (que les donatistes qualifiaient de traître). En 420, sommé de quitter son église, Gaudentius, évêque donatiste de Timgad et opposant à Saint Augustin, menaça de s'immoler par le feu que d'abandonner sa basilique.

Profitant de ces contestations religieuses, économiques, paysannes, les Chaouis vont renforcer leur autonomie déjà grande et ériger des principautés plus ou moins vastes et importantes, dirigées par de rois dès le milieu du Vè siècle. On peut dire que dès ce moment-là, l'empire romain s'en allait à veau l'eau.



Vandales 435 / 533
Sur ces entrefaites, c'est-à-dire la révolte sociale (les Circoncellions), la révolte religieuse (les donatiste) et autonomie de nombreuses régions, vient se greffer l'invasion vandale en 435 qui va porter le coup fatal à la présence romaine en Afrique du Nord.

Mais, tant que les Vandales s'attaqueront à l'Eglise officielle romaine et à la présence romaine, les Chaouis ne bougeront pas et ne lèveront pas le petit doigt. Aussi le jour où les Vandales prétendirent imposer leur domination à l'Aurès, ils trouveront face à eux une révolte généralisée qui durera de 477 à 484 (sept ans) et qui s'achèvera par leur élimination de notre pays et la libération des villes de Baghaï, Khenchela, Meskiana, Tebessa...



Byzantins 533 / 647
Après être parvenus, grâce à l'aide des Numides, à chasser les Vandales, les Byzantins se retournèrent contre les Aurès. Solomon, général grec, après avoir vaincu Cutzinas, chef des Numides de Byzacène (Tunisie centrale, vers Kairouan) et s'en être fait son allié, se retourna contre Iabdas, roi de l'Aurès oriental.

Un mot sur les Byzantins : les Byzantins, sont originaires de Grèce qui, après la déchéance de Rome, vont " succéder " à l'empire romain en Afrique. Cependant moins bien organisés politiquement et militairement, ils ne s'imposeront jamais en Afrique du Nord et ne laisseront que peu de traces : ils seront souvent assimiler à des Romains dans l'esprit de la population locale qui ne voit dans tous ça que des " Roums ".

Ainsi très au fait des rivalités et querelles locales, Solomon ne s'engagea contre l'Aurès qu'en ayant au préalable obtenu la neutralité de Masuna, roi de la Maurétanie sétifienne (les Kutamas actuels) et d'Ortaïas, roi de l'Aurès occidental. Parvenu près de Baghaï, il campa ses troupes dans une vaste plaine. Iabdas, plutôt que de le combattre, préféra noyer son camp en ouvrant les digues de barrages situés vers Khenchela. Solomon, vaincu, dut s'en retourner à Carthage en 535.

En parlant de digues, nous avions évoqué la dernière fois tous les ouvrages hydrauliques entrepris par nos ancêtres pour garder l'eau, la conduire, l'entretenir pour éviter l'érosion, etc. Tous ces travaux de grande envergure nécessitaient moyens humains et financiers mais également volonté délibérée et collective pour des ½uvres d'une telle ampleur. Hélas tous ces travaux seront abandonnés puis réduits à néant à partir du XIè siècle avec l'arrivée des Arabes Hilaliens, réduisant nos montagnes à des sierras mexicaines.

En 539, Solomon entreprend une seconde campagne contre l'Aurès. Il campa au bord de la rivière Abigas, Amigas selon d'autres (oued Bou Roughal, d'autres disent qu'il s'agirait d'Oued Taga, Oued Abdi ?) et l'affrontement eut lieu à Babosis, au sud de Baghaï (vers Taouziant?), Iabdas est vaincu. Les Byzantins razzièrent récolte et cheptel vers Timgad et poursuivirent Iabdas jusqu'à sa forteresse de Zerbula, sans pouvoir y pénétrer. Solomon parviendra cependant, à force d'acharnement, de corruption et après maints affrontements par saisir les biens du roi Iabdas entreposés à Toumar, laissés à la garde de vieillards, puis à Geminianus (Djemina).

Cependant la présence byzantine, contrairement à la domination romaine, n'est ni systématique, ni nombreuse ni aussi bien ordonnée. Peu à peu les Byzantins vont se cantonner dans les grandes villes du nord tunisien et de quelques villes importantes à l'intérieur et du littoral et, parallèlement à cela, ils occuperont certains postes névralgiques du limes romain, ainsi ils continueront à percevoir impôts et denrées à l'entrée des marchés. Pour le reste, le pays, comme à l'accoutumé, est livré à lui-même. Ainsi, comme on l'a déjà mentionné, des royaumes et des principautés amazighs se constituèrent, parfois alliés, parfois opposés aux Byzantins.

De ce point de vue une remarque s'impose : tous les envahisseurs eurent, à quelques nuances près, le même comportement : ils occupaient les principaux points névralgiques du pays : axes de communications et grandes villes importantes, se contentant de percevoir un impôt et négligeant totalement le reste du pays qui, lui, continuera à vivre en complète liberté (ou anarchie selon les uns).

C'est ainsi que l'Aurès occidental jusqu'au Hodna eut pour roi Mastias, lequel en 476, se proclama impérator, c'est-à-dire empereur des Numides et des Romains (entendez par là Byzantins et élites amazigh romanisées). A Mastias, qui régna quarante ans, succéda Ortaïas. C'est dans ce même Aurès Occidental que régnera plus tard Serkedid auquel succédera Koceila. Quant à l'Aurès oriental, nous avons vu que Iabdas, régna à peu près à la même époque que ses cousins Mastias et Ortaïas.

Une précision s'impose : Aurès oriental ou Aurès occidental ne sont qu'une commodité linguistique pour désigner une région qui fut pendant plus de deux siècles sous le commandement d'une même tribu. La royauté passant des Zénètes aux Louatas et vice-versa. De ces deux grandes confédérations sont issues les Musulames, les Gétules, les Aoureba, les Djéraoua, les Bavares (ou Babar), etc.



Gurzil, dieu amazigh de la guerre
Enfin, il est à noter que lors des grandes batailles où participent les grands chefs amazighs, une idole de pierre, représentant un taureau, et désignant le dieu Gurzil, dieu de la guerre, est menée à la tête des troupes. Cette pratique signalée dès le IVè sera remarquée par les Arabes lors de leurs affrontements contre la Kahina et jusqu'au XIè siècles où El Bekri rapporte ceci : ils (les Imazighen) offrent encore des sacrifices à une idole de pierre nommée Gurza.


Arabes 647 / 711
Après le court siècle (en fait 80 ans) vandale auquel succéda un bon siècle byzantin, les deux " dominations " n'auront que très peu marquée l'Afrique du Nord en général et l'Aurès en particulier. Au contraire, avec recul et bien plus tard, ce sont les cultures romaines et phéniciennes qui, dépassionnées, pénétreront, plus profondément dans le pays en s'intégrant ou en influençant la culture amazigh. Ceci semblant se faire sans complexe...

Comme si la culture amazigh, enfin libre et souveraine, sans contraintes ni menaces, assimilait en conscience et en connaissance de cause des notions qu'elle jugeait utiles à son épanouissement et à son ouverture sur l'universel.

L'Afrique du Nord, et les Aurès en particulier, hors quelques villes du littoral, est totalement autonome et, avec des fortunes diverses, poursuit une lente voie vers son indépendance politique et économique. On pourrait affirmer que nos ancêtres n'avaient aucune crainte des Byzantins, ce serait même par calcul qu'ils toléraient leur présence en certains endroits. En effet, pas plus au VIè siècle de notre ère qu'au temps des Carthaginois, y compris au temps de la splendeur de Massinissa, nos ancêtres n'avaient su équiper, forger, maintenir une véritable marine aussi bien marchande que militaire. Notre absence de la mer, et la maîtrise de celle-ci par des puissances étrangères, nous obligèrent toujours à recourir à autrui, et à en dépendre également pour nos échanges commerciaux.

En conclusion : une puissance " coloniale " byzantine déclinante, des Etats souverains en voie de constitution, des régions immenses échappant à tout contrôle, parfois quelques querelles entre roitelets locaux... Sur ces entrefaites arrivent les Musulmans en 647. C'est la première incursion de ces adversaires nouveaux venus de l'Orient. Après un bref affrontement en Byzacène, à Sufetula (Sbeïtla) en Tunisie, les Musulmans repartent avec un important butin.

En 660/663, nouvelle attaque des Musulmans contre la Byzacène et victoire de ces derniers à Hadrumète qui se replient cependant avec leur butin sur leur base arrière de Libye. De nouveau les Arabes repartent. Mais, à partir de 670, avec la fondation de Kairouan par Ocba Ibn Nafi, les Musulmans ne se contenteront plus de faire de brèves incursions-razzias. Ils vont se fixer à demeure et, grâce à cette base qui leur servira de point d'appui, ils vont entreprendre leur future conquête.

Dans sa soif de gloire et de pouvoir, mais également par avidité et par haine pour tout ce qui n'est pas arabe, Ocba, que l'on peut qualifier de précurseur des Bugeaud, Saint Arnaud et autres conquérants coloniaux de triste mémoire, va se déchaîner contre la Numidie et les Numides qui lui résistent. Et par sa tyrannie et sa cruauté, il commettra tellement d'atrocités et d'injustices qu'il sera rappelé en Orient. Hélas pour l'Afrique du Nord, il reviendra quelques années plus tard et entreprendra sa soi-disant chevauchée glorieuse qui l'aurait menée jusqu'à l'Atlantique, ce que des historiens réputés contestent : l'Atlantique de Ocba, ne serait qu'un port méditerranéen de l'Oranie...

S'étant frotté pour la première fois aux Chaouis et essuyant un échec à Baghaï, Ocba évitera les grandes places fortes des Aurès telles que Khenchela, Lambèse, etc., et se lancera par les grandes plaines vers l'Ouest. En tout état de cause, il traînera enchaînés derrière lui Koceila, roi amazigh de l'Aurès occidental et de la Maurétanie césarienne et Al Mohadjer, l'ex-gouverneur musulman, qui s'était montré modéré, juste et très correct envers ces nouveaux Musulmans, ces nouveaux convertis Byzantins et Numides.

A son retour, à Thubunae (Tobna vers Barika), Ocba divise ses troupes en deux, les plus nombreuses et les plus chargées en butins sont envoyées à l'Est en contournant les Aurès par le Nord, et lui-même, avec une faible troupe se dirige vers le Sud. Entre temps Koceila, qui a pu s'évader à l'approche des Aurès, organise la résistance et tua Ocba en 683 à la sortie de l'Oued el Abiod, au lieu-dit Tahouda, à cinq kilomètres de ce qui deviendra plus tard la ville de " Sidi Ocba ".

Dès lors Koceïla gouverna sagement la Numidie, sans persécution ni injustice envers les rares Arabes musulmans restés en Tunisie. Malheureusement Koceila est vaincu par de nouvelles troupes venues de l'Orient menées par Zohaïr Ibn Qaïs lors de la rencontre à Mems (près de Kairouan) en 686.



La Kahina
Après la mort de Koceïla en 686, les Musulmans vont affermir leurs positions en Tunisie. Et, à Zohaïr Ibn Qaïs, va succéder Hassan Ibn No'man el-Ghassani comme gouverneur. Ce dernier cherche à étendre la domination arabe et décide de se porter contre la Numidie orientale. Parallèlement à cela, dans les Aurès, " la Kahina " succède à Koceïla. La rencontre entre Arabes et Imazighen a lieu au Nord-Est de l'Aurès. Les Awrasiens, auxquels se rallient quelques troupes byzantines, rescapées à la déroute de leurs chefs, sont menés par leur reine Dihya, surnommée la Kahina, les Arabes sont battus et pourchassés jusqu'en Libye.

Réfugié en Libye, Hassan reçoit des renforts d'Orient en 695 grâce auxquels il reprend sa marche à l'Ouest et, en 698, il reprend Carthage. Pendant ce temps-là, voyant que les Arabes n'étaient attirés que par les richesses du pays, la Kahina va mener cinq ans durant une stratégie de la " terre brûlée ", qui, selon elle enlèverait tout mobile au retour des Arabes. Malheureusement cette politique dure, répressive, destructrice, va lui aliéner les populations urbaines, citadines, laborieuses qui n'approuvent pas cette " mentalité " nihiliste, propre aux nomades et semi-nomades.

En 702, La Kahina vole au secours de Tabarka (en Tunisie). Elle sera vaincue et poursuivi par les troupes arabes, musulmanes et tous ces nouveaux ralliés qui n'approuvaient pas toujours sa méthode. Une nouvelle rencontre eut lieu sur les bords de la Meskiana. Vaincue, la Kahina mourra en un endroit qui dès lors portera son nom " Bir el-Kahina ". Sa tête sera envoyée en trophée au Khalif.

A propos de la Kahina, il fut tant et tant écrit sur elle que l'on ne sait démêler le vrai du faux et du légendaire... On ne sait rien de son mari, ni par quels moyens elle accéda au pouvoir. Pas plus que l'on ne connaît son âge exact, sans parler de l'attitude ambiguë adoptée par elle envers Khaled Ibn Yazid, de la tribu des Qaïs... ce jeune Arabe qu'elle épargna et qu'elle " adopta ".

La Kahina, de son vrai nom Damya, selon les uns, Dihya, selon les autres, fille de Mellag selon les uns, de Tabet, fils d'Enfak selon d'autres, était la reine des Djeraoua, tribu chaouie de confession juive... selon Ibn Khaldoun. Son surnom de Kahina (prophétesse - devineresse) lui fut donné par les Arabes parce qu'elle avait le don de " deviner " ou de " prédire " l'avenir.

Il est à remarquer que des femmes " devineresses " ou " prophétesses " ont toujours existé dans la tradition amazigh. Pour mémoire : la mère à Massinissa, la mère à Saint Augustin (Muni selon les uns ou Monna selon d'autres, d'où Sainte Monique), Zineb l'épouse de Yusuf Ibn Tachfin, le fondateur de la dynastie almoravide, plusieurs autres princesses de cette même dynastie, la soeur d'Ibn Tumert, le fondateur de la dynastie almohade, etc. De nos jours encore, certaines vieilles personnes pratiquent l'incubation, c'est-à-dire qu'elles dorment sur la tombe d'un ancêtre qui leur apparaît dans leurs rêves, leur transmet un message qu'elles interprètent ensuite.

Enfin, dans la plus pure tradition de l'élite amazigh, la Kahina avant de succomber aurait conseillée à ses trois fils de se convertir à l'Islam. Seul moyen, selon elle, pour que le pouvoir resta aux mains de la même tribu, et dans la même famille...


Tarik : conquête de l'Espagne
En 705, Moussa ibn Noçaïr succède à Hassan Ibn No'man. Ce dernier laissa l'Aurès au pouvoir des fils de la Kahina et enrôla le reste des troupes amazighs avec Tarik à leur tête. Il partit à la conquête du Maroc jusqu'au Sous mais échoua devant Ceuta (Sebta). Tarik resta dans le Rif marocain et, en 711, avec 12 000 guerriers amazighs, accompagnés d'une poignée de tolbas musulmans, pour leur inculquer les rudiments de l'Islam, il franchit le détroit, qui dès lors portera son nom Djebel Tarik - " Gibraltar ", et défit les armées Wisigoths en Espagne.

La conquête de l'Espagne fut l'oeuvre des seules troupes amazighs, les Arabes n'en récoltèrent pas moins la gloire et le prestige ensuite. L'on raconte que Moussa prétendit qu'il fut le conquérant de l'Espagne et fera tout pour nuire à Tarik et l'humilier devant le khalif d'Orient. Tarik demandera à laver son honneur et, lorsque Moussa remettra la " table de Salomon ", paraît-il un chef d'oeuvre de table à douze pieds en or et en pierres précieuses, prise aux Wisigoths et à laquelle manquait un pied.

Tarik demanda où était le douzième pied manquant, Moussa prétendit qu'il le perdit au cours d'une bataille, à ce moment Tarik exhiba le douzième pied et fit le récit de toute l'histoire y compris les vexations et les brimades auxquelles le soumis Moussa.

Le Khalif aurait destitué Moussa, mais par contre l'histoire ne nous apprend plus rien sur Tarik. Fut-il exilé, assassiné ? On ne sait.

En résumé, avec la fin de la " Kahina ", et la conquête de l'Espagne, les Musulmans orientaux vont profiter de l'accalmie pour placer les leurs à tous les échelons du pouvoir, aussi bien en Afrique du Nord qu'en Espagne, les troupes amazigh de Tarik vont être placées aux marges de l'empire, sur des pitons rocheux ou des régions sauvages, pauvres et incultes (à peuple frugale - région frugale).

Les Imazighen serviront de remparts et de sentinelles de l'empire musulman face à la menace des chrétiens et pour permettre que des émirs Moyen-Orientaux puissent se prélasser dans la douce Andalousie, où les grandes plaines riches et les centres urbains seront répartis entre les émirs venus de Syrie et d'Arabie.

# Posté le samedi 17 mars 2007 08:54

Modifié le samedi 17 mars 2007 09:05

[Kahina L'Histoire d'Une Grande Reine]

[Kahina L'Histoire d'Une Grande Reine]
Kahena (ou Kahina), de son vrai nom Dihya est la principale figure de la résistance berbère à l'avancée des troupes musulmanes entre 695 à 705. À la tête de la tribu juive des Djerouas implantée dans les Aurès (à l'est de l'actuelle Algérie) elle parvint à associer plusieurs tribus indigènes juives et chrétiennes.
Ayant déjà combattu les troupes du calife à Tehuda (683) au cours de laquelle Oqba Ibn N'af'ê avait trouvé la mort, la Kahena affronta, à la tête de ses troupes, les renforts arabes envoyés d'Orient en 688, sous le commandement du gouverneur d'Egypte, Hassan Ibn en Noman, contre les Berbères et les Byzantins. Le combat eut lieu en 689 à l'Oued Nini (près de Khenchela), les Arabes, défaits par la Kahena, furent ensuite poursuivis jusqu'en Tripolitaine (l'actuelle Libye). Kahena retourna alors dans les Aurès, où elle adopta l'un de ses prisonniers arabes, Khaled Ibn Yazid. Les troupes du Calife prirent un sérieux avantage à partir de 698 avec la prise de Carthage et l'échec des Byzantins en Afrique du Nord.

Les hommes de la Kahena, convaincus que les Arabes étaient attirés dans leur pays par sa richesse se mirent alors, selon le Bayan, à y faire la terre brûlée. Les cultivateurs roums de la côte, hostiles à ces procédés, comme le rappellent Ibn Khaldoun et le Bayan, firent dès lors défection à la Kahena et envoyèrent même, selon Ibn-El-Athir, des émissaires à l'Émir Hassan pour lui demander d'accourir. Par ailleurs, son fils adoptif Khaled, resté en relation avec le camp adverse, renseigna les Arabes sur les positions des Berbères.

Si bien que, affaiblie par ces trahisons, Kahena fut mise en déroute et tenta de se réfugier dans une citadelle byzantine des environs de Biskra. Mais elle fut contrainte de pousuivre sa retraite plus loin, et livra sa dernière bataille à Tarfa. Kahena y fut tuée dans un ravin qui conserve encore son nom (Bir al Kahina). Il existe aussi une statue la représentant près de Khenchela.

À la veille du combat, Kahena aurait demandé à ses deux fils, selon Ibn Khaldoun, de se rallier au vainqueur. L'Émir Hassan nomma en conséquence, après leur conversion à l'islam, son fils aîné gouverneur de l'Aurès et son autre fils chef des forces Djeraoua. Ce ralliement entraîna celui de nombreux Berbères chrétiens et juifs dans un courant de conversion.
Le rôle joué par Kahena a constitué un enjeu considérable pour ses commentateurs. Les affirmations de certains d'entre eux sont basées sur des arrière-pensées politiques, qui sont d'autant plus difficiles à vérifier que les sources sont rares et que cette reine guerrière est une figure en grande partie légendaire.

Cependant, l'historien musulman Ibn Khaldoun, réputé le plus sérieux du Moyen Âge, tant de l'islam que de la chrétienté, expose : « Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habite l'Aurès, et à laquelle appartient la Kahena » (Histoire des Berbères, traduite par le Baron de Slane, t.1, p.208, Alger, 1852-56).

Le plus grand historien français du Maghreb, Émile Félix Gauthier, ayant procédé à une critique méthodique des sources, aboutit au même constat : « Les Djeraouas ne sont plus des chrétiens comme les Aurébas, mais bien des Juifs ». (E.F. Gauthier, Les siècles obscurs du Maghreb, Payot, 1927, p.245)

Cela n'a pas empêché qu'une contestation du judaïsme de cette héroïne du Maghreb surgisse de nos jours, tant l'opinion musulmane actuelle a de la peine à admettre l'évidence qu'avant l'islam, leurs ancêtres étaient en majorité juifs ou chrétiens.

Pourtant les Juifs étaient particulièrement nombreux en Afrique du Nord, à l'époque romaine, selon le témoignage de Strabon. Certains y étaient venus librement, au fil des siècles, dès le temps des Carthaginois, tandis que d'autres y avaient été déportés en masse par Trajan, après avoir longtemps tenu tête en Cyrénaïque aux légions romaines. En outre Kahena (féminin de Cohen) est un nom juif, celui de la tribu dans laquelle était choisi le grand prêtre de Jérusalem. Or il se trouve que la Kahena a souvent été désignée par l'historiographie comme une prêtresse, voire une sorcière. Son surnom de Kahena implique donc nécessairement des origines juives, ce qui dans le Mahgreb d'avant la conquête romaine n'avait rien que de naturel. Quant aux allégations de certains auteurs selon lesquelles Kahena aurait été chrétienne parce que dans sa filiation, les noms de Matya et Tifan auraient été des déformations de Mathieu et Théophane, elles pèsent bien peu, puisque Mathieu et Mathias sont avant tout des noms hébreux, tandis que Théophane, nom à racine grecque aurait aussi bien pu être porté, compte tenu de l'influence byzantine de cette époque, par un juif que par un chrétien.

L'historiographie a également mis l'accent sur la politique de la terre brûlée qui aurait été pratiquée sous Kahena (d'après Ibn Khaldoun et le Bayan). L'Afrique du Nord était en effet, depuis la chute de l'empire romain d'Occident, le théâtre d'affrontements entre Byzantins et autochtones, voire entre Berbères nomades et sédentaires.

# Posté le samedi 17 mars 2007 09:14

Modifié le mardi 20 mars 2007 12:50

[Tatouage Chaoui]

[Tatouage Chaoui]
Pour ce tatouer la femme chaoui fait d'abord un dessin sur la partie concernée du compa l'aide d'une plume trempée dans l encre ORDINAIRE APRES quoi elle crève la peau avec une grosse aiguille a coudre tenue verticalement en suivant le tracé .
De manière a faire couler le sang aperation quelle commence une deuxième fois ensuite imbibant un tampon d'étoffe d un mélange de TAZZOULT « poudre dont les femmes se noircissent les yeux » et de bleu délaye dans l eau ,elle le passe a trois reprises sur l endroit a tatouer tout en essayant le sang elle laisse en suite sécher a l air libre sans pansement les femmes n 'ayant pas toujours d'encre a leur disposition procèdent quelques fois différemment :certaines tracent d'abord le dessin avec de la suie (le noir de fumée) prise préalablement sur le fond d'une marmite et délayée dans un peux de d'eau celle piquent ensuite la peau a l aide d'épine de cactus avant de mettre sur la plaie un emplâtre de suie qu'elle maintienne au moyen d'une bande ,d'autres en fint trempent directement la pointe de l'aiguille dans la suie à chaque fois quelles doivent piquer la peau sans faire de tracé préalable
Les femmes chaouie se tatouent principalement le visage et les membres supérieures chez elles le tatouage envahissant n 'est pas employée elle apperecient surtout se faire des dessins a telle au telle autre de ces parties du corps ainsi sur le front ,le menton les mains le visage et parfois les seins ,ces femmes y tatouent pour montrer leur puissance magique un peigne a carder tatoué sur le bras d'une tisseuse lui « ASSURE » par exemple de l'hubilete tandis que le tatouage d'un scorpion représente pour elle un signe de protection enfin le motifs en forme de roue est employé pour guérir les tumeurs il faut signaler qu'on retrouve nombre de motifs reproduits par les femmes chaouies coussins musettes poteries et autres objets de bois sculpté
La femme tatouée sera piquée par autant de scorpions quelle en a de tatouage << elle sera punie par dieu >>
Dit on notamment dans les Aures ou encore pour éviter le châtiment divin la femme doit donner aux pauvres autant d'argent pour recouvrir les tatouages qui ornent son corps

# Posté le samedi 17 mars 2007 15:20

Modifié le samedi 17 mars 2007 16:23

[Bijoux Chaoui et berbére en général]

[Bijoux Chaoui et berbére en général]
Le bijou aurèsien a défié le temps pour s'offrir aux yeux des amateurs d'artisanat dans une pureté antique qui n'a en rien trahi les techniques ancestrales de production. Le geste est perpétué avec une grande fidélité avec l'utilisation d'instruments qui existent depuis des millénaires. Les aurèsiennes aiment les bijoux, il n'est pas étonnant qu'une des règles esthétiques de cette région soit que la femme doit au moins porter une paire de bracelets, une paire d'akhelkhal et des boucles d'oreilles. Les bijoux sont en argent à l'origine, des pièces de monnaies fondues dont le titre est de 9/10 en général, mais il arrive que des bijoutiers fassent des alliages à un titre inférieur. Les artisans aurèsiens n'utilisent jamais l'or et il est difficile d'expliquer cette préférence pour l'argent. Ce qui différencie le bijou chaoui du bijou kabyle se résume dans le fait que le premier cité est "plein"; "creux" ou "ajouré" contrairement au bijou kabyle qui lui. est essentiellement émaillé. La Alaqa tchoutchana est un objet pour le moins original dont l'utilisation était surprenante car c'est une boucle d'oreille qui s'enfilait dans le haut du pavillon de l'oreille. La Alaqa Tchoutchana ne se fabrique plus de nos jours: elle se compose de deux grands anneaux d'une dizaine de centimètres. ornés de morceaux de corail. relevés de motifs fuselés, sphériques ou tubulaires en argent qui laissent pendre aux extrémités des chaînettes munies de pendeloques. Le Timcherreft, autre genre de boucle d"oreille très répandu clans l'est algérien formé de plusieurs triangles granulés sur la moitié de l"étendue de la pièce agencée en dents de scie. Le motif central est souvent quelconque. La femme des Aurès portait cette boucle dans le pavillon de l"oreille. et avec le temps, la diminution de leur taille a permis aux femmes de les porter sur le lobe de l"oreille. La Khorsa Bel Quota est par contre de création récente. elle est présentée sous la forme d'un anneau d"à-peu-près sept centimètres. orné à l'une des extrémités par un bonnet conique surmonte d'incrustations de verre. rouges et vertes. chaque boucle est munie d'orifices qui laisse coulisser deux garnis de verre et de boules d'argent ajouré. L'Amquyas, joyau très prisé par les aurèsiennes. Celles-ci en portent plusieurs en même temps (sept ou huit). ce bijou est généralement garni de petits motifs en relief. soulignés par un décor filigrané avec toujours une ponctuation de petites houles en argent et en verre. L'Abzimt marque une ressemblance avec la fibule kabyle. non seulement pour une question de proximité géographique mais aussi pour une analogie ethnique effective. Cette fibule se fixe sur le drapé de la poitrine (comme en Kabylie). L"Abzimt chaoui est aussi utilisé pour maintenir les étuis d'amulettes SUR la robe, contrairement a l'Abzimt kabyle qui est décoré par un cabochon de corail. L'abzimt chaoui est ajouré par du verre colore. Lamessak est assez moderne dans l"ensemble. cette fibule a la forme d'une broche arrondie agrémentée de chaînettes particulièrement fines car travaillées avec des anneaux aplatis du plus bel effet. l'ornementation est fidèle au style chaoui: des filigranes et du verre. L'amessak se fixe au vêtement à l'aide d'un ardillon central. Le Tinahissin plutôt destiné à orner la coiffure. l'objet ressemble à s'y méprendre aux imessaken (pluriel de l'amessak: voir plus haut). Cependant le Tinahissin est dépourvu de l'ardillon central. Ces broches (souvent portées par paires) sont fixées sur le foulard qui coiffe la tête à l'aide d'un crochet situé au bout d'une petite chaîne qui laisse parfois la place à un simple fil passé au dessus de la tête qui retient les deux Tinahissin de part et d'autre de celle-ci. Le Cherketh ou semsem reste de nos jours un collier formé de deux plaques étroites légèrement recourbées liées par une charnière. Le semsem possède une décoration de filigrane et de verre prolongé de longues chaînettes agencées en forme de plastron. Le collier pouvait être relevé de rosaces serties de verre rouge au centre, qui étaient liées entre elles par des petites paires de chaînettes. L'akhelkhal, bijou très ancien caractérisé par une lame plate en forme de bracelet que les femmes portaient aux chevilles. Il a une dimension de huit centimètres de hauteur sur vingt-six centimètres de circonférence. Il se ferme à l'aide d'une pièce de fil de fer qui entre dans deux orifices percés aux extrémités de l'akhelkhal. Les femmes de la région ne le retirent jamais. Son mode de fabrication relève d'une grande maîtrise artisanale. le bijoutier coule un lingot dans un moule en terre, ensuite l'argent fondu est élargi et ciselé à l'aide d'un marteau. La bande que forme l'Akhelkhal est divisée en quatre parties décorées de deux motifs. Des formes différentes apportent une touche ultime de beauté par l'utilisation des triangles, des losanges, des fuseaux, des volutes ajoutées à des fleurs qui partagent l'espace de l'akhelkhal avec des encadrements de lignes doubles et de lignes brisées. Souvent des petits demi-cercles et des petites perles viennent relever cet objet d'art. Le guerran orne aussi la poitrine des femmes chaouies. il se compose de deux fibules ornées de verre rouge et de boules en argent, un ensemble de chaînettes lie les deux parties en formant un ensemble de trois disques qui donnent ainsi la forme du motif central. Le Skhab reste l'un des plus anciens colliers usité dans les Aurès, très particulier car il est aussi constitué d'une pâte parfumée (guemha) préparée par les femmes elles mêmes. Ce collier est souvent agrémenté de perles de corail et de motifs creux ou fuselés en argent. Cet objet. une pièce maîtresse de la bijouterie chaouie se distingue par la présence de deux grandes mains (probablement contre le mauvais ½il) découpées dans une plaque d'argent et accrochées au centre du Skhab. Le Harz, boîte à amulettes, le harz est un objet qui se retrouve dans toute l'Afrique du Nord. il change simplement de forme et d'ornementation selon la région où l'on se trouve. Dans les Aurès. le harz reste fréquemment carré et plat avec un décor ciselé de motifs floraux et géométriques.

# Posté le dimanche 18 mars 2007 15:15

Modifié le mercredi 21 mars 2007 05:49